Présentation
Autour de mes images
Revue l'Alpe Texte de Monsieur jean Guibal. Conservateur en chef du Musé Dauphinois.
Magazine Le Photographe
Texte de Monsieur Hervé Le Goff
rédacteur du magazine
Catalogue de l'exposition
" Inventaire de plein pieds"
Texte de Madame Isabelle Lazier Conservatrice Patrimoine du Conseil Général de l'Isère

Magazine les Affiches de Grenoble
Texte de Monsieur Jean-Louis Roux
journaliste du magazine


Magazine Geo France
Texte de Monsieur Micchel Bessaguet
journaliste du magazine
Texte de Monsieur Hervé Le Goff



Derrière les génocides du Rwanda et du Darfour, la famine en Somalie, la sécheresse du Sahel n’est pas mal placée au classement des fléaux du monde même si on ne sait pas toujours de quelle partie d’Afrique il s’agit. Les dictionnaires vous diront que le mot signifie « orée », ou encore « frontière ». Or le Sahel, qui ignore les frontières des hommes, sépare le désert aride et les régions tropicales qui le bordent au sud. Cet équilibre géographique pourrait se rendre accueillant à l’homme si l’eau, source de vie et de vraie richesse, n’y devenait de plus en plus rare. SOS Sahel, organisation non gouvernementale, œuvre depuis trois décennies pour faire reculer le phénomène de désertification qui frappe partiellement et sans distinction le Cap-Vert, le Sénégal, la Gambie, la Guinée-Bissau, la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Tchad, le Soudant, l’Ethiopie et l’Erytrée. Exposé pendant trois mois sur les grilles du Sénat, le travail monumental réalisé par Roberto Neumiller pour SOS Sahel, donne une image assez vaste pour faire place au constat d’un problème urgent et à l’espoir qu’il suscite.

La Sécheresse défiée sur le terrain

On ne verra pas sur les grilles du jardin du Luxembourg d’images dures d’enfants malnutris ou de carcasse de bétail pourrissant au soleil. Les photographies de Roberto Neumiller pourraient même donner l’impression de sortir d’un magazine de voyage hors sentiers battus. Ces images sont belles, elles nous montrent sous un ciel bleu, une population active et soignée, des enfants scolarisés, et des paysages qu’on ne peut s’empêcher de trouver magnifiques.
Ce sahel-là ne ressemble en rien à ce que Marc Francioli découvrait en 1974. journaliste, écrivain, aujourd’hui président de SOS Sahel International France, Francioli est sans doute une des personnes les mieux placées pour mesurer de ce qui a été accompli contre la famine, la maladie et la sécheresse et ce qui reste à accomplir. Roberto Neumiller ne pouvait avoir de meilleur guide pour ce tour du Sahel en 80 jours, sur sept mois en cinq voyages.Face au trente années d’Afrique de Francioli, l’expérience d’un reportage de Neumiller sur les sans lumière du Mali pour ça m’intéresse ne pesait pas lourd et le regard neuf du photographe intéressait le président de SOS Sahel. Partenaire bénévole d’une campagne humanitaire, Neumiller goûtait une liberté d’action que les campagnes corporate lui mesurent habituellement. Équipé de son Leica et de 200 films Reala en partie offerts par Fujifilm France, Neumiller couvre un sujet haut en couleurs, sans forcer le trait de la menace toujours présente du manque d’eau et de ses corollaires la famine et l’exode.
L’objectif de cette vaste campagne visait moins à sonner une alarme qui résonne dans tous les discours écologistes sur le réchauffement de la planète qu’à promouvoir l’action en cours de SOS Sahel, depuis sa fondation en 1976 sous le patronage de Léopold Sédar Senghor, alors président du Sénégal. Organisation satellitaire, SOS Sahel International regroupe plusieurs ONG indépendantes, établies dans les pays su Sahel et dans les pays d’Europe impliqués dans le même effort, en France, en Grande-Bretagne et au Luxembourg. Pour SOS Sahel International France, le travail de Francioli et de Neumiller est une opération blanche, sans coût ni recettes, soutenue par le bénévolat et la participation de partenaires.